L’Ecole privée Moser obtient la reconnaissance de la maturité

Extrait de l’article du Temps, publié dimanche 5 mai 2019 à lire en intégralité ici.

Cette fête-là, voilà des années qu’Alain Moser, patron de l’Ecole Moser, rêvait de l’organiser. Ce sera chose faite d’ici à quelques jours. Cette école privée vient en effet d’obtenir la reconnaissance définitive de la maturité cantonale, fait confirmé par le Département de l’instruction publique (DIP) sans autre commentaire. Alain Moser n’a, lui, pas de mots assez forts pour qualifier cette victoire: «C’est historique en Suisse romande, après des années de travail et d’engagement.»

L’affaire démarre il y a près de vingt ans sous l’impulsion du père d’Alain Moser. Les conseillers d’Etat se succèdent, certains plus favorables que d’autres, mais cette revendication n’est une priorité ni pour les uns ni pour les autres. Car le public se méfie du privé, et inversement. Il y a 3 ans, Anne Emery-Torracinta décide cependant de poursuivre le processus entamé sous ses prédécesseurs. L’Ecole Moser est astreinte à une période d’observation de trois ans: «Nos examens ont été passés à la loupe par des experts cantonaux, nous avons dû adapter les plans d’étude, les grilles horaires et certains contenus de cours», explique le directeur. Pour remplir l’exigence d’équivalence des diplômes étrangers de nombreux professeurs, il a fallu les inciter à compléter leur formation à Genève. Avec la crainte que certains d’entre eux ne filent dans le secteur public, une fois l’équivalence acquise, les salaires y étant plus hauts. Pour éviter cette fâcheuse conséquence, le directeur a donc revalorisé les rémunérations et augmenté les tarifs de son établissement.

Pour lui, il était temps qu’arrive la bonne nouvelle. Le fait qu’elle tombe au moment où se font les inscriptions pour l’année prochaine ne doit d’ailleurs pas être étranger à sa joie. Mais il s’agissait aussi de stopper l’hémorragie d’élèves à la fin du cycle – entre 20 et 30% – que l’absence de reconnaissance conduisait à quitter son établissement pour intégrer le secteur public. Pour quelle raison, alors que la maturité fédérale accordée par les écoles privées permet aussi l’entrée dans les Universités suisses? «Parce que le système d’obtention de la maturité fédérale prétéritait nos élèves, qui devaient passer un examen basé sur l’acquis de trois ans, à la fin de l’été, hors du canton et sous la surveillance d’experts fédéraux», répond Alain Moser. Si d’autres écoles ont sollicité cette reconnaissance, Moser est pour l’heure la seule à l’avoir obtenue. L’occasion pour son directeur de tacler ses concurrents: «Celles pour qui les élèves en échec sont le fonds de commerce ne la demanderont pas, puisque la maturité cantonale ne permet pas plusieurs redoublements.»